vincent gautier
nak thai houp

par michèle baj strobel

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Exposition au Centre de langue française Vientiane Laos du 6 au 28 février 2007

 Vincent Gautier, photographe professionnel, a eu carte blanche pour présenter son propre choix d’images au Centre de langue où, à plusieurs reprises déjà, le public a eu l’occasion de découvrir un photographe de passage ou résidant au Laos.


Installé dans ce pays depuis 1999, Vincent Gautier vit de son métier de photo-journaliste qu’il a exercé pour la presse locale (Vientiane Times, Muong Lao magasine) et collabore régulièrement avec des agences de presse internationales. Ses photos ont été publiées par des titres comme The Age, The Australian, Bangkok Post, The Guardian, International Herald Tribune, New York Times, Paris-Match, South China Morning Post, Time magazine, etc. Comme pour bien d’autres, sa vocation s’est déclarée à son jeune age grâce à son père, photographe lui-même, qui lui a inculqué ce goût pour l’image que Vincent va développer par des études en audio-visuel et des débuts professionnels comme opérateur de prises de vues à la télévision (France 3). Il séjourne en ex-Yougoslavie puis décide de partir pour le Laos par goût pour l’aventure et la découverte de nouveaux horizons.


            Cette exposition qu’il intitule lui-même Nak Thaï Houp ce qui veut dire « l’homme des images », est donc intéressante à plus d’un titre. D’abord ce n’est pas son travail de journaliste qu’il a choisi de montrer mais une sorte de scénographie du Laos contemporain sur lequel souffle un tourbillon de modernité, mais qui maintient cependant en éveil de belles traditions. Cette perspective, que tout un chacun peut partager, prend chez Vincent Gautier deux orientations qui définissent en quelque sorte sa démarche de photographe. Plutôt que de montrer un éventail varié mais disparate de son « regard sur le Laos »,  il a choisi de privilégier d’une part les lumières nocturnes, les choses de la nuit, avec sa magie et sa féerie. D’autre part, les scènes en mouvement traduisent le vécu, l’instant présent mais aussi la gestuelle, tout ce qui concerne le spectacle et l’élan vital.


Cette exposition repose sur une grande cohérence et le charme vient de la complémentarité entre les noirs et les couleurs avec au centre de cette composition une superbe image du Mékong qui sait rassembler au crépuscule les jaunes les plus profonds pour exprimer son âme de grand fleuve d’Asie.


On appréciera en particulier la série que V.G. appelle les « enluminures » qui sont de magnifiques œuvres éphémères, comme des compositions votives offertes à la nuit et qui ont pour thème le That Luang, des images du Bouddha. La lumière et les couleurs vives et chaudes semblent provenir de l’intérieur des motifs, comme dans ce poisson en lanterne magique. Pour d’autres images, les portraits en particulier, le travail des angles et des contrastes est mis en avant. Certains visages surgissent de la nuit comme des masques et paraissent sculptés dans les tonalités les plus troublantes pour traduire le plaisir du chant et de la danse, de la mise en scène du corps. Mais ce dernier est aussi mouvement… alors les couleurs tourbillonnent, se brouillent et laissent traîner derrière elles un faisceau multicolore et évanescent, comme pour le saut de l’ange et le danseur coréen.


On retiendra également cette étrange photo qui présente le Patouxay en gris fluide teinté de vert sur un écran d’eau lors de l’anniversaire des dix ans du Pont de l’Amitié. Une ligne jaune dans sa composition part presque en diagonale et illumine toute l’image en écho aux lumières de la ville.


Il ne suffit pas d’aimer une ville et ses spectacles, encore faut-il savoir les saisir au moment de l’éclosion de leur beauté. La photo en tous les cas dit bien « J’étais là » et c’est du moins ce que Vincent Gautier affirme avec talent. 

vincent gautier
nak thai houp

by michèle baj strobel

exhibition french cultural center Vientiane Laos from 6 to 28 february 2007

Vincent Gautier, professional photographer had  carte blanche to present his own choice to the French language center.

His first contact with a camera, happened at the age of 6, when his father, lent him a professional camera. That camera was the genesis of his passion for photography. After studies in audio visual  he started his career as camera operator for  French TV channel France 3.

Vincent Gautier  has been photo-reporter for the last 15 years, As a freelance, he covered the Balkans and since 1999, he lives in Laos, where he used to work for local press ( Vientiane Times and Muong Lao magazine), numerous NGOs, international organizations and freelances regularly for international wire news agencies. His photos have been published in The Age, The Australian, Bangkok Post, The Guardian, International Herald Tribune, New York Times, Paris-Match, South China Morning Post, Time magazine, and among other publications in the Asian, European and North and South America areas.

This exhibition that he named Nak Thaï Houp  which means photographer is  interesting as he chooses, not to show his journalist work but a kind of scenography of  modern Laos, which, despite globalization maintains its traditions alive.

This perspective, that everybody can share, takes for Vincent Gautier two ways which defines his photographic process. Rather than showing a various but disparate view of his “sight of Laos” he preferred to privilege night scenes with its magic, its fairyland, and movements which translate the true to life through the body language.

His exhibition is very coherent and the charm comes from the complementarities between  blacks and colors with in the middle the superb image of two silhouetted fishermen,  as the sun sets casting a  deep yellow glow across the surface  of the Mekong which shows its soul of great Asian river.

We’ll  also appreciate the series called “illuminations”, magnificent ephemeral pieces, like votives compositions offered to the night, which have, as theme, That Luang stupa or Buddha images. The warm lights and  vivid colors seem to come from within the patterns as in  the fish lantern.

For portraits, angles and contrast  have been set off ahead. Some faces appear suddenly like masks and look like sculpted, into provocative tonality, to translate the ecstasy of dancing. But dance is also movement… then colors whirl, get blurred and let behind them a multicolor and evanescent  beam as in the jumping  monk or the whirling dancer.

We shall  also remember that strange photo, which shows the lao Arc de Triomphe,  like an ectoplasm, projected on a water screen in a front of the friendship bridge, a yellow  line crossing diagonally and enlightening   the image as an echo to limelight.

It is not enough to love a city and its shows, we also need to catch the decisive moment. The photo, in any case, says well “I was there” and it is what Vincent Gautier tells us with talent